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Stratégies de Diplomatie

Situation géographique

C'est généralement avec une certaine inquiétude que le joueur qui incarne l'Archiduc entame les négociations initiales. L'Autriche-Hongrie partage en effet avec l'Allemagne le redoutable honneur d'occuper le centre de la carte. Dès la première année, les centres nationaux autrichiens sont à la portée des armées de 3 de ses 4 voisins directs. C'est un pays principalement continental qui n'a qu'un seul arsenal cotier ne permettant qu'un accès limité à la Méditerrannée. Comme si tout cela ne suffisait pas, ce centre possède une particularité fort embarrassante : il est adjacent à Venise, un centre national italien, ce qui limite considérablement la marge de manoeuvre de l'Autriche. Tout ceci explique le nombre incroyable d'éliminations précoces de ce pays.

Toutefois, la géographie réserve quelques bonnes surprises à la double monarchie austro-hongroise. Tout d'abord, ses 3 centres nationaux sont deux-à-deux adjacents (ce qui est aussi le cas pour l'Allemagne et la Turquie), ce qui facilite leur défense. Ensuite, le territoire autrichien et les Balkans, qui constituent la plus importante réserve de centres, forment un ensemble continu et relativement compact : les 4 arsenaux neutres sont tous facilement accessibles pour les unités autrichiennes et ceci dès la première année. Enfin, l'existence d'une zone-tampon neutre ALP-BOH-GAL permet à l'Autriche de disposer d'une frontière nord relativement sure.


Zones d'expansion et objectifs

Les Balkans constituent bien évidemment la première et la principale zone d'intérêt pour l'Autriche. La Serbie, idéalement situé au centre du noeud balkanique, est un gain assuré la première année. La Grèce est généralement une conquête autrichienne mais sa capture oblige l'Archiduc à sacrifier sa défense. La plupart du temps, l'Autriche doit, provisoirement, renoncer à la Bulgarie et à la Roumanie, respectivement convoitées par la Turquie et la Russie.

Aller au-dela des 7 centres balkaniques (les 3 centres nationaux étant inclus) est la difficulté principale à laquelle se heurte l'expansion autrichienne. Au sud-est, le corridor de Constantinople condamne toute offensive purement terrestre et rend la progression difficile an cas d'absence de flotte amie en mer Noire. Au nord, la zone-tampon, si utile pour la défense, se retourne contre l'Autriche : 3 ou 4 unités peuvent facilement bloquer toute offensive dans cette direction. Quand bien même l'Autriche parviendrait à Varsovie, à Munich et à Berlin, l'absence de flottes en mer du Nord et en Scandinavie mettrait un terme à la progression. Enfin, la Méditerrannée est difficile d'accès et le fait de ne pouvoir mobiliser qu'une seule flotte par année est un lourd handicap face aux puissances maritimes.

Une victoire absolue nécessite 18 centres, soit 11 arsenaux en plus des 7 des Balkans. Ajoutons à cela les 3 centres turcs, Odessa et Venise. Il reste alors 6 centres à conquérir parmi les 9 plus probables : MOS, VAR, BER, MUN, ROM, NAP, TUN, TOU, ESP. Une stratégie purement continentale ou purement maritime ne peut donc réussir que dans des circonstances exceptionnelles, il ne faut donc ne négliger aucun axe de développement. De plus, la victoire abolue nécessite un conflit contre la Turquie, l'Italie, la Russie et bien souvent l'Allemagne.


Relations avec les autres puissances

Le premier objectif de l'Archiduc devrait être la survie. Passées les 2 ou 3 premières années, s'il parvient à éviter l'élimination, sa situation devrait fortement s'améliorer. De défensive, la posture de l'Autriche deviendra offensive, et le fait de pouvoir mobiliser des unités au centres de la carte, donc près des combats, deviendra un avantage.


L'Italie


Le premier message diplomatique de l'Autriche doit être pour l'Italie. Un conflit précoce avec ce pays entraînera presque automatiquement un affaiblissement dramatique dans les Balkans, ce que l'Autriche ne peut pas se permettre, car le Tsar et le Sultan sauront en profiter. Face à un joueur italien qui se demande bien souvent d'où va venir son cinquième centre, l'Archiduc a un argument de poids : l'effondrement de l'Autriche profitera principalement à la Russie et à la Turquie, et la prochaine victime de cette dernère sera très probablement l'Italie. Un joueur italien quelque peu expérimenté saura reconnaître l'importance de la menace ottomane. L'Archiduc doit donc diriger l'Italie contre la France (ou éventuellement contre l'Allemagne à travers ALP) ou, si possible, s'allier avec lui contre la Turquie ; ce dernier cas s'appelle une "ouverture lépantine" et favorise généralement plus l'Autriche que l'Italie. Si une alliance Autriche-Italie peut faire des merveilles et même tenir tête au rouleau-compresseur Russie-Turquie, une trahison en milieu ou en fin de partie est difficile à éviter. Le problème pour l'Autriche sera de parvenir à mobiliser des flottes sans provoquer la colère de son partenaire.


L'Allemagne


Des 4 voisins de l'Autriche, l'Allemagne est la moins susceptible de l'attaquer en début de partie. En effet, c'est le triangle ouest qui devrait absorber l'énergie du Kaiser. De plus, l'effondrement précoce de l'Autriche favorise la Russie et le Kaiser est généralement la victime suivante. Il a donc lui aussi tout intérêt à éviter la formation d'une alliance Russie-Turquie. Il devrait donc se montrer réceptif à un accord de désarmement de ALP et BOH, auquel on peut associer l'Italie. Cette dernière hésitera alors avant de trahir car cela provoquera la colère de deux alliés éventuels. Obtenir le soutien de l'Allemagne est donc capital, d'autant plus qu'elle dispose d'un levier diplomatique considérable sur la Russie puisqu'elle peut lui refuser la Suède. Dans l'idéal, le Kaiser peut même mettre le respect d'un pacte de démilitarisation de la Galicie comme une condition d'obtention de ce centre. Une coopération germano-autrichienne sera efficace contre la Russie mais sera plutôt à l'avantage du Kaiser. Bien que le franchissement de la zone-tampon soit délicat, cette alliance durera très rarement jusqu'à la fin de la partie, car l'Autriche et l'Allemagne sont deux pays continentaux.


La Russie et la Turquie


Il est vital d'empêcher qu'une alliance Russie-Turquie (aussi appelée "rouleau-compresseur" se développe. Si cela se produit malgré tout, par exemple si le Mer Noire est démilitarisée au premier tour, l'Autriche doit impérativement avoir le soutien de l'Italie, sans quoi la partie se terminera rapidement. L'Archiduc doit essayer de provoquer un conflit entre ces deux pays. Une alliance avec la Russie est très puissante et largement préférable, car les zones d'expansion des deux alliés sont différentes; elle peut parfois durer jusqu'à la toute fin de la partie. La Turquie au contraire sera une menace perpétuelle dans le dos de l'Autriche et trahira certainement à la première occasion. Toutefois, c'est une possibilité à ne pas négliger en dernier recours, en particulier en cas d'alliance Russie-Italie.


La France et la Grande-Bretagne


Ces pays peuvent constituer de très bons alliés de milieu et de fin de partie pour l'Autriche. Attention toutefois à ne pas les laisser prendre un avantage décisif. L'Autriche étant trop loin pour intervenir, elle ne pourra pas empêcher la victoire d'un de ces deux pays. Il n'est pas dans l'intérêt de l'Archiduc de voir les troupes britanniques à Varsovie ou les flottes françaises à Naples, car cela signifie qu'elles empiètent sur votre zone d'expansion naturelle. L'idéal est bien entendu d'assister à un conflit franco-anglais indécis en fin de partie.


Ouvertures

L'Autriche dispose d'une grande variété d'ouvertures, mais beaucoup d'entre elles sont généralement à proscrire, en particulier si elles sont anti-allemandes ou anti-italiennes. La priorité de l'Autriche est le noeud balkanique et donc le triangle Est. Il faut une très bonne raison pour ne pas ordonner A BUD - SER au premier tour.

La famille la plus courante est l'ouverture vers les Balkans. L'Autriche entame A BUD - SER et F TRI - MON, l'objectif étant de s'assurer la possession de la Serbie et de la Grèce le tour suivant, afin d'obtenir 2 mobilisations. Seule A VIE reste en défense contre l'Italie et/ou la Russie, et l'ordre à cette armée doit être adapté à chaque partie. Cette ouverture permet de jouer une stratégie lépantine en coordination avec l'Italie. L'Autriche est relativement vulnérable à une trahison.

Une autre possibilité moins fréquente est l'ouverture dite "hérisson" : F TRI - VEN, A VIE - GAL, généralement complétée par A BUD - SER. Le but est de bloquer toute offensive italienne ou russe, quitte à sacrifier la Grèce. Très efficace si les voisins sont agressifs, elle favorise malheureusement la Turquie et risque de provoquer des voisins jusque là plutôt bienveillants. Une possibilité est de prévenir ses voisins que l'on compte jouer une telle ouverture.


Conclusion

L'Autriche est un pays qui nécessite une diplomatie très active en début de partie, afin de contrebalancer les nombreux désavantages de sa position. La défaite est parfois inévitable mais si l'Autriche passe le cap des premières années sans trop de dommages, elle se trouve généralement en bonne position pour terminer la partie. Toutefois, la victoire absolue sera difficile à obtenir, en particulier à cause de la faiblesse de la flotte autrichienne. L'Autriche-Hongrie est un pays relativement difficile à jouer mais elle n'est pas condamnée à jouer le rôle de l'éternelle victime.

Kort


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