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Stratégies de Diplomatie

Introduction et généralités

Mon but est de me concentrer sur les positions type à atteindre sur le long terme pour les différents pays en blitz anonyme en 7 ans, mettant de côté les aspects négociation et « jouer le joueur » pour simplifier le problème le plus possible.
Ce qui suit n'est pas un impératif, il est possible qu'une autre stratégie considérée comme non valide fonctionne pour diverses raisons: un débutant, un kamikaze qui se suicide sans raison apparente sur un autre, un naïf qui se fait trahir très méchamment... Il y a un facteur chance qu'on ne peut mettre de côté.
Néanmoins si on veut maximiser ses chances de victoires en blitz et moins dépendre du hasard, ces stratégies générales sont à conseiller. Il est bien sûr possible de s'en écarter si il y a une bonne raison pour cela.

On recherche la position finale que vise le dirigeant d'un pays. Elle est facile à défendre, lui assure un nombre de centres important (8 ou 9 minimum) et donne de bonnes possibilités d'expansion supplémentaire.
Si l'objectif est atteint, c'est une option très sérieuse prise sur la victoire. En général 8 ou 9 centres sont suffisants pour espérer gagner dans les systèmes qui privilégient la victoire (C-Diplo, Win Namur, Nice.1, etc.) et qui ont cours dans la communauté française de Diplo. Draws, carrés, système australien obéissent à d'autres considérations.


Les blocs

La carte est divisée en un certain nombre de blocs faciles à tenir ensemble:

France nord (PAR / BRE) indéterminé
France sud (TOU / ESP / POR) maritime
Italie (TUN / ROM / NAP / VEN) maritime
Turquie (CON / ANK / SMY) maritime
Bloc autrichien (VIE / BUD / SER / ROU / TRI) terrestre
Balkans sud (GRE / BUL) maritime
Russie (ODE / VAR / MOS) terrestre
Scandinavie (STP / SUE / NGE / DAN) indéterminé
Angleterre (LIV / EDI / LON) maritime
Allemagne (KIE / BER / MUN / PAY? / BEL?) plutôt terrestre


Une position type est composée de l'union de plusieurs de ces blocs, un seul étant insuffisant pour assurer les 8 centres minimum. Ce découpage et le tropisme de certains bloc sont contestables mais constituent une bonne approximation.

BUL et GRE sont séparés du reste des Balkans à cause de la proximité de ION, EGE, NOI et CON qui sont maritimes. L'Allemagne pourrait être séparée entre le bénélux (PAY / BEL) et l'Allemagne même (MUN / BER / KIE). La Scandinavie a un statut indéterminé car elle peut être tenue avec plusieurs armées et un nombre réduit de flottes. En France nord, PAR est terrestre mais BRE est très exposé depuis la mer.


Pourquoi la discussion terre/mer ?

1. La position des arsenaux d'un pays influe fortement sur ses choix de construction d'armées ou de flottes et sur sa stratégie générale.
Un pays terrestre comme l'Autriche n'a qu'un port et aura du mal à constituer une flotte importante. De même pour la Russie. Un pays maritime devra construire des flottes pour convoyer ses armées et assurer sa propre défense, réduisant d'autant sa force sur terre.
Un pays maritime aura du mal à conquérir un bloc terrestre à cause de la limitation de déplacement des flottes, un pays terrestre ne pourra conquérir un bloc maritime faute de pouvoir se déployer sur mer. Inversement un pays maritime ne peut défendre un bloc terrestre, et un pays terrestre sur bloc maritime ne pourra que prendre les coups sans pouvoir riposter.
En conséquence de quoi un pays à vocation maritime visera avant tout les blocs maritime et un pays à vocation terrestre les blocs terrestres.

2. Cette considération est essentielle pour les alliances.
L'alliance idéale est celle d'un pays ayant des visées maritime et construisant des flottes avec un pays ayant des visées terrestres et construisant des armées.
Toute trahison est rendue difficile par la difficulté qu'a un pays maritime à progresser sur terre et un pays terrestre sur mer.
Tout changement dans la politique de construction se verra venir de loin. Qui plus est, cela permet l'attribution de zones d'expansion bien précises à chacun et la limitation des frictions.


Les pays

Après cette brève introduction, on peut passer à l'analyse pays par pays.


L'Autriche-Hongrie :

L'Autriche-Hongrie est un pays éminemment terrestre, son seul port étant TRI, très enclavé, puisque ADR est la seule sortie en pleine mer. Le coeur de l'Autriche est naturellement le bloc autrichien (VIE / BUD / TRI / SER / ROU). Quel autre bloc peut on ajouter ?

L'Italie est un pays maritime et constitue une mauvaise possibilité d'expansion. VEN est difficile à prendre, passer par ALP puis PIE est souvent obligatoire, ce qui mobilise beaucoup de forces pour un seul centre. Même si VEN est prise, prendre ROM et NAP reste très compliqué. L'aide d'une flotte en ION ou TYR est souvent un passage obligé pour forcer le bouchon. Même si l'Italie venait à tomber, une résistance peut être menée depuis TUN et les centres italiens seront très vulnérables à une attaque maritime depuis l'ouest (la France) ou le sud (la Turquie), sans que l'Autriche n'ait de possibilité de riposter.
Cette option est donc à éviter, à moins d'avoir une très grosse opportunité de trahison sur un italien très naïf (par exemple si il vous a laissé aller en ION et que VEN est ouvert).

La Turquie est aussi à éviter, le seul passage sur terre étant CON-BUL qui est facilement bouchonné (avec ODE-CAU, mais cela implique d'attaquer d'abord la Russie). Ce n'est pas le lieu idéal pour l'Autriche qui sera vulnérable à une attaque depuis la Méditerranée orientale, ou même depuis NOI qui est difficile à occuper pour sa flotte.

GRE et BUL sont des centres maritimes mais sont facilement accessibles et peuvent constituer une bonne option temporaire en attendant de trouver mieux. Ces centres sont vulnérables à ION, EGE, CON et NOI et perdus définitivement une fois que l'Autriche en chassée. Il ne faut donc pas compter dessus sur le long terme. Seule exception : si la Turquie et l'Italie sont si faibles qu'ils ne peuvent être menacés.

La seule alternative vraiment viable pour l'Archiduc est le bloc russe (ODE / MOS / VAR). C'est un bloc terrestre naturellement adapté à la nature autrichienne, partageant une large ligne de front avec le bloc autrichien (GAL et ODE-ROU). Il est facile de faire passer ses armées d'un bloc à un autre ensuite.
Qui plus est, cela élimine un adversaire terrestre dangereux pour l'Autriche. Avec le bloc autrichien et la Russie, l'Autriche arrive à 8 centres.

La politique autrichienne devra donc viser avant tout à faire envahir la Russie, avec des possibilités temporaires dans les Balkans sud.


L'Italie :

L'Italie est un pays maritime centré autour de VEN / ROM / NAP / TUN, en dépit de ses deux armées initiales.

Beaucoup pensent à l'option autrichienne qui est à proximité immédiate mais il s'agit d'une énorme erreur, hélas couramment commise au point que s'en est devenu un triste classique. Même avec des armées en TRI et MON, un italien ne passera pas face à un Archiduc compétent. L'Italie n'est pas faite pour progresser sur terre, le bouchon en VEN-TRI limite beaucoup les renforts qu'elle peut apporter, elle devra ensuite faire face à la concurrence de la Russie qui a une puissance supérieure sur terre.
Plus intéressant est de passer par ALP et BOH avant, mais l'Autrichien verra venir le danger très longtemps à l'avance.
A moins de pouvoir placer une trahison violente sur une Autriche naïve (ou très malchanceuse) et d'avoir une bonne dose de réussite ensuite, cette option est à éviter.

Les Balkans sud (GRE / BUL) sont une meilleure option. GRE est facile à tenir depuis ION et EGE, une fois pris il peut rester italien. BUL dépend de l'occupant de la Turquie, ce qui mène au point suivant.

La Turquie est surement la meilleure option pour un italien. Son caractère maritime convient bien à l'Italie, de même que sa proximité. Avec l'ouverture que cela donne sur les Balkans sud, cela amène l'Italie à 9 centres. Qui plus est, cette attaque élimine le pire adversaire de l'Italie, comme on le verra plus tard. En conséquence de quoi la politique italienne devra viser à l'éradication de l'Ottoman au plus vite, et au minimum à le contenir.

Une option de rechange pour l'Italie est l'attaque de la France sud (POR / ESP / TOU) puis de la France nord (PAR / BRE). Ces centres sont plus éloignés pour l'italien et la menace française moins pesante que la menace turque, ce qui en fait une seconde option. En général, il faut attendre que le français soit engagé au nord et se lancer par surprise pour vraiment faire effet.
Une fois la France sud prise, BRE peut être pris depuis la mer et l'Italie parvient en général à convoyer deux armées en France pour prendre PAR. Cela fait aussi 9 centres, sans avoir dû chercher des gains à l'est. Il faudra par contre se méfier de la concurrence de l'Angleterre.

L'Italie a donc deux axes d'expansion, en Turquie et en France. L'attaque de l'Autriche est à éviter et est en général soit une solution de dernier recours quand les axes normaux sont bouchés, ce qui veut dire que l'Italie a probablement échoué, soit le fruit d'une trahison très violente sur une Autriche naïve.


La Turquie :

La Turquie est un pays maritime.

GRE et BUL sont un débouché naturel pour le turc qui peut tenir GRE facilement depuis EGE et BUL.

L'Autriche n'est pas une bonne possibilité d'expansion pour le turc qui, coincé dans l'entonnoir de CON-BUL, aura du mal à amener des armées sur le front autrichien. Même en passant une armée en MON, cela ne garantit pas la prise de SER. Même si SER et ROU tombent, passer TRI / BUD / VIE peut être un enfer pour le Sultan. Il n'est pas rare de voir un turc à 7 centres bloqué par un autrichien à 3, voire obligé de se mettre sur la défensive ! Le bloc autrichien terrestre n'est pas fait pour la Turquie maritime.

La Russie n'est pas une bonne option non plus. ODE est difficile à prendre, il faut passer par ROU, inquiétant pour le propriétaire de BUD et SER. On voit mal quel autrichien pourrait accepter cela. Même cela ne suffit pas face à MOS s ODE et UKR s ODE. Il n'y a plus qu'a passer en GAL, affolant pour de bon le propriétaire de VIE et BUD. Même si ODE tombe, passer MOS s UKR est un vrai casse tête et là encore passer en GAL risque d'être obligatoire. Le tout conditionné par l'embouteillage des armées turques en ODE et ROU. Cette option est donc à éviter elle aussi, le turc n'a rien à faire en Russie.

L'Italie est la seule solution viable pour le turc, étant la seule zone maritime à sa portée et dans la prolongement direct de BUL et GRE. C'est donc là que tous les efforts turcs vont se tourner, visant à l'éradication de l'Italie plus encore que l'Italie veut éradique la Turquie. Car contrairement à l'italien, le turc n'a aucune solution de rechange. Les intérêts italiens et ottomans sont donc radicalement incompatibles.
Si le passage se fait, cela assure 9 centres au turc (Turquie + Balkans sud + Italie) et une possibilité de continuer sur la France sud, peu réaliste en 7 années toutefois.

Cette monomanie donne très peu de marge de manoeuvre à la Turquie et en fait le pire pays qu'on puisse tirer en blitz (et le plus ennuyeux aussi).


La Russie :

La Russie est un pays terrestre, avec des débouchés maritimes étriqués au nord et au sud, avec un seul port à chaque fois.

L'Autriche (VIE / BUD / TRI / SER / ROU) est la meilleure possibilité d'expansion pour un russe, le bloc autrichien étant proche du bloc russe avec une longue frontière. Les deux blocs sont faciles à tenir ensemble, même contre le turc et l'italien réunis.
Cela élimine aussi un adversaire dangereux pour la Russie de par le tropisme anti-slave de l'Autriche (voir plus haut).

La Turquie est aussi une possibilité, pas si invraisemblable qu'il y paraît, car le turc est souvent engagé en méditerranée contre l'Italie et est vulnérable au niveau de NOI. Néanmoins, la Turquie maritime sera difficile à tenir pour le russe qui ne peut constituer de flotte méditerranéenne vraiment importante. C'est plutôt une opportunité de fin de partie à moins de trouver un moyen d'affaiblir l'Italie.

La Scandinavie (NGE / SUE / DAN / STP) est un excellent choix pour le russe qui peut la tenir avec seulement deux flottes et deux armées, une option tout à fait réaliste pour lui. D'ailleurs il contrôle déjà un des centres, STP.

L'Allemagne, bien que terrestre, est un moins bon choix que l'Autriche pour un russe, étant plus éloignée, ou que la Scandinavie, qui est une question plus urgente. Une invasion de l'Allemagne avec seulement 7 années n'est pas réaliste pour la Russie. Autriche et Scandinavie sont beaucoup trop importantes à surveiller pour s'y aventurer. A moins qu'elles soient déjà envahies, mais cela veut dire que la Russie a sans doute gagné.

Au final, la Russie est un pays avec beaucoup d'opportunités viables mais aussi un ennemi redoutable, l'Autriche, et, dans une moindre mesure, l'Allemagne au nord. Cela explique que les russes puissent prendre beaucoup de centres rapidement et s'effondrer aussi vite face à une attaque conjointe comportant en général ces deux puissances.




On quitte désormais le coin sud. Au nord, les antagonismes sont beaucoup moins tranchés et il n'y a pas de notion de lutte à mort comme dans le cas Italie-Turquie ou, dans une un peu moindre mesure, Autriche-Russie.


La France :

La France est un pays avant tout maritime, avec la France sud (TOU / ESP / POR) et BRE. Il lui faudra au minimum deux flottes rien que pour dissuader un potentiel agresseur. PAR impose néanmoins de maintenir aussi une force terrestre non négligeable.

L'Angleterre (LON / LIV / EDI) est la meilleure possibilité d'expansion pour la France.C'est un territoire maritime et proche, vulnérable depuis l'Atlantique, où la flotte française est en général en supériorité numérique car ce coin est souvent négligé par l'anglais. Il est souvent possible de monter une attaque surprise et décisive sur LIV. Garder l'Angleterre est facile ensuite face à l'Allemagne et la Russie qui ne sont pas des puissances maritimes majeures.
Autant de bonnes raisons de chercher ce bloc qui amène la France à 8 centres (France nord + France sud + Angleterre).
Il faudra juste faire attention à l'Italie qui peut lancer un raid sur la France sud quand le français aura le dos tourné.

Un option secondaire pour la France est l'Italie. Cela élimine un voisin menaçant qui ne manque pas une opportunité de poignarder la France dans le dos. Moins intéressante que l'Angleterre à cause de l'éloignement et de la concurrence certaine du turc sur ce terrain. Néanmoins, TUN est proche, et le passage en PIE est très embêtant pour l'Italie à cause de la possibilité de poursuivre en TOS. Cela amène la France à 9 centres (France sud + France nord + Italie).
Il faudra au préalable avoir réglé la menace maritime anglaise, sans quoi la base pourrait se trouver très exposée (par exemple avoir un anglais faible ou engagé dans une campagne scandinave).

Une troisième option est l'Allemagne, bien que moins intéressante car la France n'est pas une puissance terrestre très forte, et ne peut même pas amener ses flottes sur la cote nord allemande (à moins de passer par NRD et MAN, mais quel anglais l'acceptera en blitz anonyme ?). La progression au delà de PAY / RHE / BEL est très difficile à réaliser, même passer en PIE puis ALP peut ne pas suffire.
La campagne allemande peut rapporter 5 centres, mais ensuite le français ne pourra que recevoir les coups de l'anglais depuis la mer sans pourvoir réagir, probablement aidé par le russe sur terre. La position française y sera très vulnérable et intenable sur le long terme.
C'est donc plutôt une option à réserver pour les fins de partie, à moins d'avoir trouvé le moyen d'éliminer l'anglais afin qu'il ne puisse plus harceler le français depuis la mer. Mais si l'anglais a disparu, la France a déjà probablement gagné.


L'Angleterre :

L'Angleterre est un pays maritime, cela va sans dire.

La France sud (POR / ESP / TOU) et la France nord (BRE en particulier) sont une excellente option pour l'Angleterre. Elle prendre dans un premier temps BRE, mais sa cible sera avant tout la France sud, ce qui implique de forcer ATL et de convoyer en GAS (le prince noir ^^). Après quoi, la défense française explose. Il sera facile ensuite de convoyer une seconde armée pour faire tomber PAR. Cela amène l'Angleterre à 8 centres (Angleterre + France nord + France sud).
Qui plus est, cela élimine un ennemi dangereux sur mer, qui peut attaquer l'Angleterre dans le dos. Ni la Russie, ni l'Allemagne ne sont des puissances maritimes de premier plan, ce qui permet à l'anglais de conquérir la France sans trop se soucier de l'Est, et de la garder facilement.

Une autre bonne option pour l'anglais est la Scandinavie (NGE / SUE / DAN / STP). Néanmoins, le russe ou l'allemand peuvent souvent y monter une défense efficace sans avoir besoin de beaucoup de flottes. De plus, la Scandinavie n'assure que 4 centres, ce qui fait un total de 7 centres seulement à l'anglais qui devra chercher d'autres gains ailleurs (presque toujours en Allemagne). STP sera à prendre avec une flotte et pas une armée, inutile d'affoler le Tsar sans bonne raison (comme une alliance avec l'Allemagne).

L'Allemagne n'est pas adaptée à la nature maritime de l'Angleterre et n'est pas une cible prioritaire. L'invasion de l'Allemagne se fera presque toujours suite à une campagne scandinave qui permettra de faire pression depuis BAL et DAN. On rejoint donc l'option précédente. En général la prise de un ou deux centres en complément à la Scandinavie suffit à donner un total respectable.

La Russie (MOS / VAR / ODE) est une très mauvaise option pour l'anglais, hélas souvent choisie. La Russie est un pays terrestre, l'anglais n'a rien à y faire, d'autant plus que ce territoire est très éloigné pour les armées anglaises, vulnérable à une contre attaque, et bouchonné au niveau de STP.
Seul un russe qui aura totalement refusé de se défendre peut en faire une option viable pour l'Angleterre. Et encore, il faudra se méfier de la remontée de l'Autriche.

L'Angleterre à donc deux grands choix qui s'offrent à elle : la campagne française et la campagne scandinave suivie d'une descente en Allemagne.


L'Allemagne :

L'Allemagne est un pays plutôt terrestre, mais a aussi une porte de sortie maritime sur la Scandinavie.

La France nord, et à plus forte raison la France sud, ne sont pas de bonnes options pour l'allemand. PAR est terrestre, mais BRE est très vulnérable depuis la mer et mobilisera beaucoup d'armées pour sa défense. La France sud est imprenable sans soutien maritime et très vulnérable à une contre-attaque depuis les mers. Un allemand ayant pris la France nord sera condamné à une défense difficile contre l'anglais, qui aura beau jeu de la harceler avec ses flottes, pendant qu'il devra aussi gérer la résistance française depuis la péninsule ibérique.
Le seul moyen de changer cette situation pour l'Allemagne serait de faire passer des flottes en ATL via l'invraisemblable périple KIE-PAY-BEL-MAN-BRE ou KIE-HEL-NRD-MAN-BRE. Mais on voit mal quel anglais pourrait accepter ce genre de trafic. BRE est à 4 saisons du port allemand le plus proche et la France sud à 6 saisons ! L'Allemagne ne cherchera donc pas ses gains à l'ouest, à moins d'un anglais particulièrement faible, mais autant envahir l'Angleterre directement dans ce cas.

L'Angleterre est une option un peu moins mauvaise pour l'Allemagne mais qu'on ne peut non plus recommander. L'Allemagne n'est pas faite pour les aventures maritimes. Il est possible de prendre NRD et convoyer une armée en Angleterre, mais ensuite l'Angleterre sera très vulnérable à une attaque française depuis l'Atlantique, sans que l'Allemagne puisse réagir. Il faudra aussi gérer en plus le front scandinave, donnant une position très étriquée au Kaiser.

La Scandinavie est une excellente possibilité pour l'allemand, ses deux ports lui offrent un excellent point d'entrée vers le nord via DAN et BAL. La Scandinavie, ni terrestre, ni maritime, en fait le terrain idéal pour lui. Avec le bloc allemand, cela lui fait un total de 9 centres.
Second point, la position centrale de l'allemand le met en excellente position pour pratiquer l'équilibre des forces, ce qui fait que 8 centres peuvent être largement suffisants pour faire gagner une Allemagne, ce qui n'est pas le cas d'autres pays.

La Russie est une autre bonne option pour l'allemand et un développement logique sur terre. Néanmoins, le bouchon autour de VAR ralentit les déplacements. Souvent, c'est le complément de l'option scandinave, ce qui l'amène un à total impressionnant de 11 centres (rarement tous tenus). Cela élimine aussi tout tentative de contre attaque sur STP et forme un bloc très compact.

L'Autriche est trop peu accessible pour être une bonne option. Il faut passer par GAL, ce qui implique d'avoir déjà occupé l'est. Ce peut être la suite de la campagne russe si on vise le SOLO, mais cela ne concerne pas notre sujet, qui est les parties blitz anonymes en 7 ans.


L'Allemagne devra donc chercher son développement au nord, puis à l'est. La victoire allemande passera en général par la prise de la Scandinavie combinée à l'équilibre des forces.
Cela en fait une puissance plutôt anti-slave (et un peu anti-anglaise), les intérêts de l'Allemagne et de la Russie étant incompatibles sur le long terme.


Les alliances

Vous êtes toujours là? Toutes mes félicitations ! Avec ce qui a été dit au dessus, on peut passer à l'analyse des possibilités d'alliance.

Il existe deux types d'alliances :

- l'alliance à long terme visant à donner aux deux participants une très bonne option sur la victoire finale (dans l'idéal ils feront premier et second). Comme il a été dit dans l'introduction, la meilleure combinaison est celle d'un pays terrestre et d'un pays maritime qui auront des axes de développement bien délimités et un risque de trahison minimal. Cette alliance assure a chaque participant un groupe de blocs lui donnant une position solide et suffisamment de centres pour avoir de bonnes chances de l'emporter.

- l'alliance à court terme, en général en fin de partie qui vise à prendre rapidement les centres à portée immédiate. Elle est souvent la conséquence d'un échec de la politique de long terme, à moins que cet échec ait été volontairement provoqué. Ce type d'alliance n'obéit pas aux règles qui ont été établies mais débouche beaucoup moins souvent sur une victoire et est en général un pis aller.


La carte est divisée en deux grands groupes, le sud (Autriche / Italie / Russie / Turquie) et le nord (Angleterre / France / Allemagne / Russie).


Au Sud

Il y a des antagonismes très forts entre l'Italie et la Turquie sur mer, et l'Autriche et la Russie sur terre. Les pays maritimes devront chercher le soutien d'un pays terrestre pour aider à écraser leur adversaire sur mer, et réciproquement.


Alliances de long terme :


Alliance austro-italienne : la "Lépante"

Cette alliance combine un pays maritime (l'Italie) et un pays terrestre (l'Autriche), ce qui en fait un très bon choix de long terme, et logiquement une des alliances les plus souvent jouées. L'objectif de l'Italie est de prendre la Turquie, et l'objectif de l'Autriche et de s'emparer du bloc russe. Les Balkans sud seront pris dans un premier temps par l'Autriche pour soutenir l'Italie, mais seront à long terme italiens. Si la coordination du turc et du russe est mauvaise en face, les deux pays sont de très sérieux candidats à la victoire finale. L'Italie peut même pousser en France ensuite, et l'Autriche en Allemagne.
La faiblesse de cette alliance est qu'elle se concentre en général sur l'élimination du turc, l'adversaire de l'Italie, mais est faiblarde contre l'adversaire de l'Autriche, le russe, qui peut en général survivre à la Lépante en attendant des dissensions dans l'alliance. Un fois le turc disparu, l'italien n'a pas de raison d'aider l'Archiduc.
La Lépante est donc en général plutôt favorable à l'Italie, mais il existe des variantes plus fortes face au russe (comme la Lépante viennoise).


Alliance austro-turque

Encore une très bonne combinaison d'un pays terrestre et d'un pays maritime. La cible du turc est les Balkans sud et le bloc italien, la cible de l'Autriche le bloc russe. Souvent, l'Autriche prend VEN dans le bloc italien pour aider la Turquie. Le principe de l'alliance se base sur l'échange d'un soutien turc depuis CAU pour aider l'Autriche à forcer ODE contre un soutien autrichien depuis GRE pour aider le turc à forcer ION. GRE sera donnée au Sultan plus tard.
Cette alliance peut même déboucher sur un turc arrivant en France sud et un autrichien en Allemagne, mais 7 années sont un peu courtes pour ce genre de développement. Cette alliance est la meilleure qu'un turc puisse espérer et offre de meilleures perspectives qu'une Lépante pour l'Autriche en Russie. A noter que le turc doit concéder à l'Autriche une avance en centres afin de compenser sa position plus vulnérable (en général VEN dans le bloc italien lui est laissée).
La faiblesse de cette alliance est la capacité de nuisance italienne importante et l'incompétence de beaucoup de turcs qui veulent jouer contre nature et attaquer la Russie, condamnant l'alliance.


Alliance turco-russe : le "Juggernaut"

Troisième combinaison d'un pays terrestre et maritime, cette alliance est un classique de diplomatie. Le turc vise les Balkans sud puis l'Italie, pendant que le russe vise le bloc autrichien. La cible de cette alliance est avant tout l'Autriche.
Souvent, le partage ne suit pas la ligne des blocs. La Russie ne peut rien faire pour aider le turc contre l'Italie, le Sultan prend donc SER en général sur le bloc autrichien, TRI est à disputer entre Russie et Turquie et marque souvent le début du contentieux.
Cette alliance est excellente pour la Russie qui élimine son adversaire le plus redoutable (l'Autriche) mais n'est pas très intéressante pour le turc, car rien n'est prévu contre son adversaire italien. Très souvent, le Tsar va battre le Sultan à la course. Le turc choisira donc cette alliance faute de mieux, si une coopération avec l'Autriche n'a pas été possible.
La seule exception est le cas d'un russe fortement sous pression au nord et qui aurait dégarni le sud, laissant au turc l'opportunité d'une trahison juteuse sur le bloc autrichien.


Alliance italo-russe

L'absence de frontière commune entre ces deux pays rend tout coopération difficile, c'est plus souvent une réaction de fait à une austro-turque qu'une alliance organisée. Néanmoins, on pourrait prévoir une sorte de coopération où la Russie aiderait l'Italie avec NOI et l'Italie ferait pression sur l'Autriche depuis ALP et VEN.
A tester...




Alliances de court terme :


Alliance austro-russe

La cible de cette alliance est la Turquie. En général, le bloc turc revient au russe, et le bloc autrichien plus les Balkans sud à l'Autriche, faisant 7 centres chacun, ce qui est bien peu. La coopération s'arrête net à ce moment et marque le début du contentieux austro-russe.
Cette alliance est intéressante pour la Russie qui se met en situation d'encercler l'Autriche, mais pas du tout pour l'Autriche qui se trouve vulnérable face à l'Italie dans les Balkans sud. La seule option valable pour l'Archiduc est de profiter de la faiblesse russe en Turquie pour jouer une Lépante. Le Tsar cherchera à attirer l'Italie du côté des Balkans sud.
Cette alliance contre nature, réunissant deux pays terrestres antagonistes pour attaquer un pays maritime, est peu profitable et n'offre pas de perspectives intéressantes à long terme. Les frictions entre alliés sont inévitables avant d'avoir eu des gains intéressants, l'Italie jouant le rôle d'arbitre. Le russe peut avoir des perspectives au nord mais l'horizon est bouché définitivement pour l'autrichien.



Alliance italo-turque

Encore pire que l'austro-russe, elle ne saurait être conseillée. Une coopération entre la Turquie et l'Italie n'est ni réaliste ni souhaitable. Le partage des blocs lui même pose un énorme problème, bien plus que dans le cas précédent. En général le bloc autrichien est partagé entre TRI / BUD / VIE pour l'Italie, SER / ROU pour la Turquie. Dans les Balkans sud, GRE sert de variable d'ajustement. Cela mène les deux alliés à 7 centres, si l'alliance a réussi le miracle de tenir jusque là.
Une fois l'Autriche disparue, les tensions apparaissent immédiatement sur GRE et dans les Balkans faute de bonne ligne de partage, tandis qu'aucun des deux pays n'a le profil pour engager une campagne en Russie. Un conflit long et pénible s'engage entre les deux pays, dans une situation pas du tout idéale pour l'Italie et ne produisant en général pas de vainqueur.


Au Nord

Les antagonismes sont moins forts qu'au sud mais il y a des oppositions France-Angleterre et dans une moindre mesure Allemagne-Russie.


Alliances de long terme :


Alliance franco-allemande : la "Sea Lion"

C'est probablement la plus solide alliance du coin nord. Elle conduit la France vers son objectif le plus facile, l'Angleterre, et l'Allemagne en Scandinavie puis en Russie. La cible prioritaire est l'Angleterre, que ce soit en Scandinavie ou en Angleterre même.
Le partage se fait assez naturellement ensuite. La France peut éventuellement poursuivre en Italie ensuite, mais en 7 ans ce n'est pas possible et elle cherchera plutôt à jouer avec l'Allemagne la victoire finale.


Alliance anglo-allemande

Encore une très bonne alliance. La cible de l'Angleterre est la France, et la cible de l'Allemagne la Scandinavie puis la Russie. Le deal est une aide anglaise en Scandinavie puis en Russie contre une aide allemande contre la France. Dans un premier temps, l'anglais prend NGE et STP, l'allemand PAR, mais sur le long terme des échanges auront lieu (STP contre PAR par exemple). Pour équilibrer l'alliance, l'anglais garde souvent des centres en Scandinavie.
A noter que comme dans l'austro-turque, l'anglais concédera au début une avance en centres à l'Allemagne afin de compenser sa plus grand vulnérabilité.



Alliances de court terme :

Alliance franco-anglaise : "Juggernaut de l'ouest" ou "Entente Cordiale"

Cette alliance est moins naturelle mais n'en reste pas moins jouable - bien plus que n'importe quelle autre alliance court terme.
L'anglais vise la Scandinavie, la France le bloc allemand avec l'aide anglaise. La faiblesse terrestre de l'alliance fait qu'en cas de coordination germano-russe, l'Allemagne pourra se défendre facilement et l'anglais sera bloqué en Scandinavie, d'où il finira même par être chassé. Il faudra donc s'assurer que cette coordination ne puisse avoir lieu.
Une fois l'Allemagne éliminée, les ennuis commencent pour le français qui se trouve avec des centres exposés aux coups de boutoir de l'anglais depuis la mer. L'anglais, lui, une fois la Scandinavie prise, n'a pas de débouché autre que sur l'Allemagne et n'a pas non plus assez de centres pour jouer la victoire. Des dissensions dans l'alliance sont donc inévitables à ce moment.
Tout est une question de timing. Si la fin de partie est proche, le français devrait pouvoir garder son avance en centres en Allemagne. Sinon, les coups anglais et probablement russes (équilibre des forces) viendront à bout de sa position, qu'il sera sans doute impossible de reprendre.
Cette alliance est donc profitable uniquement à court terme pour la France et à un peu plus long terme pour l'Angleterre.



Alliance anglo-russe

Elle vise à l'élimination de l'Allemagne. La Scandinavie est partagée entre la Russie et l'Angleterre (elle sera anglaise à terme), idem pour l'Allemagne (plutôt russe à terme). Rien n'est entrepris contre la France, ce qui n'arrange pas l'anglais.
Je n'ai jamais vu cette alliance fonctionner correctement en blitz. Il n'y a pas de bonne ligne de partage de bloc, et de toute manière le conflit est inévitable une fois l'Allemagne disparue, car l'anglais descendra depuis la Scandinavie vers le bloc allemand. Cette alliance est très mauvaise pour l'anglais, qui a toujours la menace de la France dans son dos, mais est intéressante pour la Russie qui pourra ensuite écraser l'anglais avec l'aide de la France.


Alliance germano-russe

Complètement contre nature en blitz, elle est presque toujours une réaction à une anglo-française. En général, le russe prend l'ascendant en Scandinavie contre l'anglais pendant que l'Allemagne résiste contre la France. Cette alliance n'est ni réaliste ni souhaitable pour l'Allemagne, qui se trouve contrariée dans son développement naturel. Elle est un peu plus intéressante pour le russe qui se trouvera en position de force pour attaquer l'Allemagne une fois l'Entente Cordiale terminée.
Un russe averti cherchera à obtenir ce genre de développement, qui est la configuration la plus favorable pour lui qui puisse être au nord grâce à la neutralisation de son ennemi germanique.


Les triplices

Elle ne sont pas jouables en blitz mais on peut néanmoins utiliser les considérations ci dessus. En générale les triplices ne sont pas tenable sur le long terme, il y'a trop d'antagonismes.



Triplice du nord : France-Angleterre-Allemagne

L'anglais prend la Scandinavie, le français va en Italie, l'allemand en Russie et en Autriche. Une fois la Scandinavie prise, l'anglais se trouve totalement à court de débouché (à moins de tomber sur un Tsar naïf) et ira presque toujours trahir l'allemand pour progresser, mettant un terme à l'alliance.
On ne peut que très fortement déconseiller cette alliance à l'Allemagne qui sera la première cible de la réaction italo-austro-russe. La trahison anglaise est certaine à terme et signera la fin de la comédie.
En revanche cette alliance est du pain béni pour l'Angleterre qui éloigne son ennemi français, prend aisément la scandinave et a une trahison toute aussi facile sur l'Allemagne, trop occupée à lutter au sud. On ne peut que conseiller à l'Angleterre de proposer (via des ordres valides et/ou invalides) cette alliance à un Kaiser naïf dès que l'occasion s'en présente.


Triplice du sud : Italie-Russie-Autriche

Vise à éliminer la Turquie. Ensuite, des tensions austro-russes seront inévitables, et l'Italie jouera le rôle d'arbitre. A éviter pour l'Autriche qui se trouve privée de perspectives une fois le turc disparu et avec personne pour l'aider contre la Russie.



On peut imaginer bien d'autres combinaisons, mais peu sont viables.


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